Après l'escale calédonienne, Je suis revenu en Nouvelle Zélande dans l’île du Nord mais cette fois-ci le voyage s'est décliné uniquement en mode vélo.
Une fois arrivée a Auckland, je n'y suis pas resté longtemps. C'est une grande ville sympa, très jeune et dynamique mais uniquement le temps d'une journée ! Après ça devient oppressant !
La première étape du parcours a été la péninsule Coromandel.
Le fait marquant de ce début de périple qui a duré jusqu'à la fin janvier a été la découverte du voyage à vélo qui m’était totalement inconnu jusqu'à présent. C’est une nouvelle façon de se déplacer et de vivre le voyage...
Je me suis donc lancé à l'assaut des routes et pistes de Nouvelle Zélande plein d'enthousiasme !
Le choc du début a été le même que celui ressenti lors de la traversée alpine Briançon - Saint Étienne de Tinée avec mon ami Sam !
Au bout de quelques heures et après quelques montées mes jambes étaient tétanisées et le souffle coupé par l'effort à fournir pour faire avancer ce vélo semblable à un semi remorque dans mon esprit !!
Il m'a bien fallu trois jours pour commencer à m'habituer à ce rythme et à déplacer cette randonneuse équipée de ses sacoches de voyage. Au total, il devait y avoir 25 kg avec la nourriture !
Les journées se sont enchaînées par des étapes de cinquante, soixante voire quatre-vingt-dix kilomètres par jour, pour la plus longue !
C'était difficile ! Mais cette expérience de nomade à vélo sur les terres néo-zélandaises que j'aimais vraiment n'avait rien de commun avec tout ce que j avais pu vivre avant...
Au fil des jours, la douleur physique a laissé place à la joie lorsque j'atteignais le col que j'attendais et espérais voir arriver depuis un long moment...
La descente, l'air frais sur le visage était un vrai délice. Je sentais le corps relâcher les tensions accumulées et profiter de ces moments sans efforts comme s'ils étaient les derniers !
Les repas préparés en chemin, à l'ombre d'un arbre, même simples, étaient les meilleurs de ma vie. Chaque bouchée était importante car elle portait en elle l'énergie nécessaire pour continuer de pédaler, encore et toujours !
Le soir venu, le plaisir de planter la tente dans un coin de forêt coincé au fond d'une vallée et de faire quelques brasses dans la rivière dont l'eau rafraîchit un corps échaudé d'avoir passé la journée sous un soleil de plomb était d' autant plus appréciable que l'effort a été intense et soutenu...
Parfois il m'arrivait d'en avoir marre et de maudire l’idée que javais eue de me lancer dans un tel périple à travers la Nouvelle Zélande ! Puis au détour d'un chemin je croisais d'autres personnes à vélos, qui avaient eu la même idée que moi et qui étaient dans la même galère !
Alors on s'arrêtait, on parlait, on riait, on se racontait nos joies, nos mésaventures, nos ressentis, les coins à ne pas rater, les routes a éviter et ce même besoin de nature et de découverte tranquille qu'offrait le vélo...
Et comme par magie on oubliait tout, on repartait motivé et plein d'énergie !
C'est ça le voyage a vélo !! On prend une belle claque au départ puis après ce sont les joyeuses galères, les rencontres, l'aventure au jour le jour !! On entre dans un monde nouveau ou les notions de temps et de distance ne sont plus les mêmes, du moins elles ne sont plus abordées de la même manière...
Et quand la météo était contre moi, en m'attaquant de son plus bel orage pendant des heures jusqu'à tremper la petite étiquette à l’intérieur du caleçon malgré mon super équipement antipluie, il n' y avait qu'une seule chose à faire : s’arrêter pour réaliser le comique de la situation.
"Je suis a l'autre bout du monde, seul, trempé jusqu'aux os sous une pluie torrentielle, entrain de pédaler depuis des jours et pourquoi ? "
Et là, je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas vraiment de réponse cohérente, j'avais juste envie de le faire...
Alors j'ai souri, je suis remonté en selle et j'ai continué...
Au-dessus des nuages le ciel est toujours bleu...